MoonLook : La mode made in Africa

Nelly Wandji – présente le site Internet de mode Moonlook.


Comment peut-on définir Moonlook ?
C’est une plateforme d’accompagnement de créateurs africains et de vente de produits d’origine africaine. Notre activité est organisée autour de trois pôles de compétences : (MoonLab) le conseil en image de marque, en marketing, communication et distribution ; (MoonLook) le site de vente en ligne ; (MoonMag) un webzine dédié à l’actualité de la créativité inspirée des 54 pays du continent africain. La majorité des créateurs qui sont représentés sur Moonlook développent leurs créations en Afrique et ont besoin d’accompagnement pour la commercialisation à l’international. Moonlook représente deux types de créateurs : les créateurs africains qui sont plus ou moins connus, mais nécessitent une stratégie commerciale offensive. Et des jeunes ayant une signature, mais ont encore beaucoup à apprendre et ont besoin de structure pour stabiliser leur savoir-faire et se créer une clientèle. Nous les accompagnons en fonction de leurs besoins dans une dynamique économique, afin de présenter au monde ce que l’Afrique peut offrir. Nous proposons ainsi des produits bien faits et accessibles qui ciblent une clientèle très large.

Pourquoi avoir créé ce concept ? Quelles ont été vos motivations ? Pourquoi l’Afrique ?
Je me suis rendu compte de l’émergence de la créativité africaine et j’ai constaté qu’il n’y avait pas de réseau de distribution clair pour de très beaux produits africains. Grâce aux réseaux sociaux, à Internet et à la photographie de qualité, j’ai découvert et appris à connaître l’immense talent de ces créateurs. On retrouve chez eux des oeuvres magnifiques, des créations originales qui ne peuvent être vendues, faute de bons réseaux de distribution sur le marché mondial de la mode. Pour MoonLook, il y a là une opportunité de les aider et de leur donner une place sur le marché international.

Quel plus apportez-vous à ces créateurs ?
Nous leur apprenons à comprendre le fonctionnement de l’environnement international de la mode. C’est d’ailleurs pourquoi l’équipe de MoonLook est constituée de personnes ayant différentes expertises : l’image de marque, le marketing, la communication, la distribution… En plus de nos compétences, le créateur a aussi l’opportunité d’accéder à notre réseau social et professionnel, tout en bénéficiant de notre base clients. Ils n’arriveront pas à créer quelque chose d’assez professionnel pour attirer l’attention de clients exigeants de la mode. Nous les aidons à positionner leurs offres et faire face à la concurrence. On essaie donc de leur faire intégrer les réalités économiques et le dynamisme du marché de la mode pour les aider dans leurs créations. Ils ne doivent pas créer pour créer, mais ils doivent le faire avec une démarche commerciale.

En considérant l’offre comment qualifieriez-vous la demande ?
Sur les réseaux sociaux, on est presque à 10 000 personnes tous réseaux confondus. On a lancé la plateforme, il y a un an, puis on a organisé l’événement autour de la boutique éphémère dénommée « Escale africaine », on a eu 3000 visites dont 500 ventes fermes. En un mois, on a réussi à avoir 500 clients. Nous sommes donc dans une marche évolutive.

Quels sont les points d’intérêt de vos clients ?
Ils s’intéressent à la beauté du produit, sa rareté, sa qualité et surtout au savoir-faire. Pour la majorité des produits faits main par des artisans, chaque client s’offre une pièce unique à un prix raisonnable. Je rappelle que nous ne faisons que des éditions limitées. Ensuite, je précise que nos clients sont attachés au côté éthique de la mode. On n’est pas dans une production de masse comme certains le font. On est dans une production très limitée, avec des jeunes créateurs, des artisans, et des pièces faites main. C’est finalement un produit de luxe qu’on leur apporte avec des prix justes.

Avez-vous des critères particuliers pour choisir les créateurs ?
Oui. Il y a chez MoonLook un mélange entre l’oeil esthétique et les tendances du marché. On arrive à flairer les marques émergentes, ce sont elles qui nous intéressent, car c’est sur celles-là qu’on pourra faire de belles opérations. Aujourd’hui, il y a différents types de créateurs : ceux qui créent par opportunisme, car ils voient qu’il y a un marché. Et ceux qui nous intéressent, les créateurs qui ont une signature et une volonté de valoriser un savoir-faire, un héritage ou moderniser une tradition.

Comment attirez-vous les clients ?
Nous mettons en avant la beauté du produit. On parle des origines de chaque produit. Nous mettons aussi en avant les héritages culturels africains qui ne sont pas forcément valorisés dans la mode aujourd’hui. Nos clients sont en rejet de la « Fast Fashion ». Ils sont à la recherche de choses belles et bien faites. On leur propose un produit de qualité à un prix correct.

Quelles sont vos perspectives ?
Il nous faut déjà stabiliser le projet en France. Et ensuite, centraliser la production de l’ensemble de nos créateurs en Afrique. Nous comptons aussi partir à la découverte d’artisans africains dans d’autres pays.

 

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FemmeAfricaine

New African Woman, Édition Française. Le Magazine De La Femme Africaine

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