L’œuvres de Noella: Noella révèle ses plans futurs

Voici deux ans, nous avions rencontré z Musunka, l’ambassadrice 2013 de l’Africa Fashion Week London, pour parler de sa vie et de son travail humanitaire en RD Congo, sa terre natale. Quelques jours avant l’Africa Fashion Week London où elle sera à nouveau l’ambassadrice de marque 2015, et quelques semaines avant la rentrée scolaire à Kalebuka où, l’ancien top model continue d’aider la communauté, nous nous sommes entretenues avec elle et avons fait le bilan de ces deux dernières années.


DE NÖELLA

 

Nous allons bientôt fêter notre dixième anniver- saire », se réjouit Noella. « Cela a été une grande aventure. Chaque année, nous avons de nouvelles responsabilités — il faut payer les salaires, s’assurer qu’il y a assez de nourriture pour deux repas par jour et que tout soit prêt pour la ren- trée ».

Avec le personnel local à rémunérer et 91 % des dons qui sont consacrés au projet, la collecte de fonds est également une priorité. « Il n’est pas facile de recueillir des fonds ; c’est un effort permanent alors c’est merveilleux que l’on puisse ouvrir l’école pour une autre année encore ».

« C’est formidable de voir les jeunes filles apprendre et évoluer. Elles ont de grands rêves et veulent apporter leur contribution à la société. C’est toujours une grande joie pour moi d’aller à Kalebuka et de les voir gagner en assurance. Chaque année, nous bâtissons quelque chose de nouveau et le projet prend de l’ampleur. Je suis très attachée aux jeunes filles et aux enseignants ».

Ce sont aussi ces liens forts tissés au cours des huit der- nières années qui ont conduit au rebranding de la Fonda- tion Georges Malaika, baptisée d’après le nom de son père. Elle s’appelle aujourd’hui Malaika, qui signifie « ange » en swahili. « La fondation va au-delà de Noella », assure-t-elle. « Au début, c’était ma fondation, mais les autres membres sont si impliqués que je voulais qu’ils aient le sentiment que c’est aussi leur fondation. Nous voulions également un nom plus court, plus percutant, plus simple ».

Aujourd’hui, la fondation a des donateurs qui sont devenus de proches amis et se rendent régulièrement à Kalebuka. « L’an dernier, nous avons réuni 30 personnes ; sur les 30, 20 sont venues de l’étranger pour voir l’école », note Noella. Grâce à ses efforts, à ceux du personnel et des donateurs, le projet s’est considérablement développé non seulement depuis la création de la fondation en 2007, mais aussi ces deux dernières années. En 2013, la fondation s’est associée à la FIFAno 2 pour bâtir le Kalebuka Football for Hope Centre, un centre qui propose des programmes d’éducation, de santé, d’entrepreneuriat et de sport auxjeunes et aux adultes. Offrant des pro- grammes de sensibilisation, tels que Village Health Worker, le programme de planifica- tion familiale Mothers First, et le programme de lutte contre le paludisme Drop Malaria, le centre est une source de satisfaction supplémentaire pour Noella.

« Nous accueillons entre 350 et 500 filles et garçons par mois », précise Noella. L’année prochaine, le Centre lancera le projet Sustai- nable Pathways, une formation profession- nelle permettant aux jeunes déscolarisés de développer leur l’autonomie en acquérant des compétences en matière d’agriculture de conservation, d’entrepreneuriat et de création d’entreprise.

Noella est aussi très fière d’être la première Africaine noire à participer, aux côtés de l’ancien président américain Bill Clinton, aux sessions plénières d’ouverture et de clôture du Clinton Global Initiative 2015 au Maroc pour parler de son œuvre humanitaire et de l’avenir de l’Afrique. « Je ne connais pas beaucoup d’Africaines jeunes qui ont une fondation reconnue au niveau international ; je suis très fière d’y être parvenue, et d’incarner une nouvelle femme d’Afrique », confie Noella. Si l’on se fie à la définition que donne Noella d’une nouvelle Africaine — une femme déterminée, intelligente, élé- gante et vive, qui apporte sa contribution à la société et se passionne pour tout ce qu’elle entreprend — elle y correspond tout à fait. En ajoutant à cela son rôle de maman (sa fille Cara a tout juste un an et son fils James est âgé de cinq ans), ses responsabilités de modèle pour la jeunesse et son travail d’am- bassadrice de marque, Noella a un emploi du temps bien chargé. « Je ne peux pas tout faire à la fois ; je choisis donc mes priorités et je fais ce que j’aime vraiment », souligne Noella. « J’aime voir les Africains progresser et, si les gens ont bon cœur, je suis toujours prête à offrir mon aide ».

Elle apporte volontiers son soutien à l’en- trepreneur de mode nigérian Ronke Ademi- luyi, dont l’Africa Fashion Week London est aujourd’hui dans sa cinquième année. « Nous devons reconnaître le mérite de Ronke qui donne beaucoup de lui-même pour dévelop- per la mode africaine », affirme Noella. « Je donne l’exemple et j’aimerais que beaucoup d’autres top models africains participent aussi, pour soutenir les jeunes créateurs de mode africains ». « Nous voyons davantage de stars porter des tissus africains. Il serait formidable d’en voir plus encore, mais Rome ne s’est pas aite en un jour », explique Noella.

Sur le sujet de la diversité sur les podiums internationaux, Noella se montre prudente : « Parfois, on voit une Noire partout pendant un ou deux ans, puis elle disparaît. Je conseille à ces femmes d’économiser leur argent et de réfléchir à ce qu’elles veulent faire ensuite. Il est bien plus souhaitable que les mannequins aient une carrière de cinq ans au moins ».

Et les jeunes filles de Kalebuka ? « Elles sont toutes différentes ; elles ont leur propre histoire et leurs aspirations », poursuit Noella. « La rentrée scolaire en septembre est toujours un événement. Je dis à mes enfants que c’est la plus belle chose que j’ai jamais réalisée. Et j’espère qu’ils comprendront et prendront la relève », dit Noella, avant d’ajouter, sur un ton ferme : « Ils n’ont pas le choix! »

« Je m’efforce de faire de mon mieux ; tout ce que j’entreprends, je le fais avec passion et détermination », poursuitelle. « J’ai mes valeurs. Je ne vais pas faire de la publicité pour des alcools ou des cigarettes, car ce ne sont pas seulement des écolières qui prennent exemple sur moi, mais beaucoup de jeunes partout dans le monde. J’estime que chacun de nous doit essayer d’être un modèle pour les autres ».no3

Jeune maman, ancien top model, ambassadrice de marque, exemple pour les autres, philanthrope… à quoi d’autre peut aspirer Noella ? « J’aimerais être l’ambassadrice de marques dans les quelles je crois, des marques qui émergent en Afrique, qui me parlent, qui peuvent aider l’école aussi. Peut-être que dans dix ans, j’aurai ma propre émission de télévision. Je ne sais pas encore ; je vis dans le présent ».

Le présent, c’est aller chercher James à l’école. Dans quelques jours, elle part en RD Congo pour préparer l’année scolaire. Heureusement que Noella vit dans le présent, car dans sa volonté de rendre la vie meilleure sur terre, elle a déjà une vie très remplie.

PHOTOGRAPHE: JACKIE DIXON
MAQUILLAGE: KAY MONTANO

Comments

comments

FemmeAfricaine

New African Woman, Édition Française. Le Magazine De La Femme Africaine

Be first to comment